Vallée de l'Ubaye, août 2018
Montée de sève
Derrière le pont à Melun,
Cachée dans l'herbe haute
A l'abri d'une vieille usine,
La bête à deux dos remue en cadence
Ignorant le train qui passe en surplomb,
Pour la plus grande joie
Des voyageurs pensifs ou voyeurs.
Cachée dans l'herbe haute
A l'abri d'une vieille usine,
La bête à deux dos remue en cadence
Ignorant le train qui passe en surplomb,
Pour la plus grande joie
Des voyageurs pensifs ou voyeurs.
Friche
Ils ont tous l'air un peu, vaguement, agressif,
Ou plutôt comme ailleurs, dans une autre dimension,
Concentrés sur leur progéniture agitée,
Et la réussite de leur journée,
Dimanche ensoleillé.
Très chics le plus souvent, parfois moins,
Bien propres, accessoires branchés,
Ils sont là tous assis, venus pour consommer,
Du temps, des victuailles, un air de liberté ?
Pizza, chinois, suédois, attiéké,
Le verre à sept euros, la ciboulette à huit,
La chaise elle est gratuite mais prise à tous les coups.
Des relents de grillade, de produits ménagers,
Bienvenus dans la friche
Préfigurant demain !
Ou plutôt comme ailleurs, dans une autre dimension,
Concentrés sur leur progéniture agitée,
Et la réussite de leur journée,
Dimanche ensoleillé.
Très chics le plus souvent, parfois moins,
Bien propres, accessoires branchés,
Ils sont là tous assis, venus pour consommer,
Du temps, des victuailles, un air de liberté ?
Pizza, chinois, suédois, attiéké,
Le verre à sept euros, la ciboulette à huit,
La chaise elle est gratuite mais prise à tous les coups.
Des relents de grillade, de produits ménagers,
Bienvenus dans la friche
Préfigurant demain !
Joie
C'est un cri de moineau, il faut tendre l'oreille,
Un grondement tapi, enfermé dans sa cage,
Et qui frappe aux poumons.
J'veux sortir ! entend sa sœur la peur.
La peur qui contient tout
Et resserre le corps,
Comme un filet tendu, un plastique collant.
Mais la joie est plus forte, elle jaillit tout d'un coup,
Et transperce le cœur, et rayonne et réchauffe,
Et son faisceau bénit le voisinage.
Et puis elle s'éteint, laissant de son passage
La marque indélébile du feu libérateur.
Un grondement tapi, enfermé dans sa cage,
Et qui frappe aux poumons.
J'veux sortir ! entend sa sœur la peur.
La peur qui contient tout
Et resserre le corps,
Comme un filet tendu, un plastique collant.
Mais la joie est plus forte, elle jaillit tout d'un coup,
Et transperce le cœur, et rayonne et réchauffe,
Et son faisceau bénit le voisinage.
Et puis elle s'éteint, laissant de son passage
La marque indélébile du feu libérateur.
Roma nel buio
La nuit a 2 lunes !
Le chemin magique
Serpente entre les buis et les cyprès,
Pour seules lueurs des bougies en parterre
Qui laissent deviner les murs vénérables
Et les statues indéchiffrables.
Trop de beauté entre mes pas;
L'air est pur et juvénile,
La villa qui nous domine pourrait nous laisser croire
Que la ville est encore intacte.
Mais porca miseria !
Sous les nobles murailles,
Laid et sourd et violent
Le bruit des voitures saccage la nuit.
La crise du logement
Et la ville se fait au milieu des lambris,
Ou variante branchée de l'art contemporain
Qui tapisse les murs. Quelques mots échangés
Par des élus hauts en couleur et mandatés
Qui roulent des mécaniques, se gargarisent de
Formules sarcastiques, assènent leurs vérités
L'air de pas y toucher ; ensevelissent Paris
Sous des flots de béton bien végétalisé.
Ou variante branchée de l'art contemporain
Qui tapisse les murs. Quelques mots échangés
Par des élus hauts en couleur et mandatés
Qui roulent des mécaniques, se gargarisent de
Formules sarcastiques, assènent leurs vérités
L'air de pas y toucher ; ensevelissent Paris
Sous des flots de béton bien végétalisé.
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