Marseille, mai 2016
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Voyage d'hiver
Depuis la fenêtre, mollement assise sur le canapé,
L'herbe est blanchie par le givre,
La lumière vaillante pour un premier janvier.
La forêt, lavis vertical sans ses feuilles,
Laisse passer le bleu pâle du ciel.
Un vieux vinyle de Schubert craque
Et égrène sa mélancolie.
Le ventre est lourd, le coeur un peu gros
De cette année, passée dans la tempête,
Et de celle qui vient.
L'herbe est blanchie par le givre,
La lumière vaillante pour un premier janvier.
La forêt, lavis vertical sans ses feuilles,
Laisse passer le bleu pâle du ciel.
Un vieux vinyle de Schubert craque
Et égrène sa mélancolie.
Le ventre est lourd, le coeur un peu gros
De cette année, passée dans la tempête,
Et de celle qui vient.
Cinquième ciel
De là haut, Paris fourmille,
En camaïeu de gris.
Trafic, motos ronflantes, camions poussifs,
Un bref répit de 4 à 6.
Piétons, hipsters lookés, mamans accompagnées,
Vieux claudiquants, quelques mendiants.
Et les cafés, toujours vibrants.
En camaïeu de gris.
Trafic, motos ronflantes, camions poussifs,
Un bref répit de 4 à 6.
Piétons, hipsters lookés, mamans accompagnées,
Vieux claudiquants, quelques mendiants.
Et les cafés, toujours vibrants.
Entre les murs
La grande ville m'enveloppe
Je l'arpente incognito
Ses façades génériques m'apaisent
Et m'aident à méditer.
Pierres rassurantes et anonymes,
Familières et inépuisables,
Me rappellent ce que j'étais,
Ce que je suis ou je deviens.
Je l'arpente incognito
Ses façades génériques m'apaisent
Et m'aident à méditer.
Pierres rassurantes et anonymes,
Familières et inépuisables,
Me rappellent ce que j'étais,
Ce que je suis ou je deviens.
Méditerranée
Le bleu profond et immense enveloppe tout
D'une chape de bonheur apparent.
Le doux bruit de la mer, la caresse du sable et du sel
Ajoutent une fine couche d'illusion.
Tout est simple en surface, l'esprit est engourdi,
La vie comme l'horizon sourit.
Et si c'était si simple?
D'une chape de bonheur apparent.
Le doux bruit de la mer, la caresse du sable et du sel
Ajoutent une fine couche d'illusion.
Tout est simple en surface, l'esprit est engourdi,
La vie comme l'horizon sourit.
Et si c'était si simple?
Hiver indien
Ce temps démesurément gris semble suspendre le temps:
qui s'arrête tout en passant plus vite, comme une parenthèse angoissante.
Le printemps n'est toujours pas là mais l'été arrive,
où sont passés ces trois mois,
et cette légèreté de la lumière qui revient et fait monter la sève?
L'homme est un peu végétal et a besoin des saisons pour donner ses fruits.
En attendant, les bourgeons éclosent, bien obligés,
recroquevillés dans le froid automnal.
qui s'arrête tout en passant plus vite, comme une parenthèse angoissante.
Le printemps n'est toujours pas là mais l'été arrive,
où sont passés ces trois mois,
et cette légèreté de la lumière qui revient et fait monter la sève?
L'homme est un peu végétal et a besoin des saisons pour donner ses fruits.
En attendant, les bourgeons éclosent, bien obligés,
recroquevillés dans le froid automnal.
Bibliothèque
Devant tant de livres, lus ou non lus, le temps défile, riquiqui.
Les garder pour se donner l'impression de le retenir?
Ou s'en débarrasser pour imaginer que tout reste possible?
Les garder pour se donner l'impression de le retenir?
Ou s'en débarrasser pour imaginer que tout reste possible?
Pluie de printemps
Le paysage est gris et les sols détrempés,
mais la lumière vibrante et les herbes et les arbres
nous parlent du printemps, comme un souffle d'air frais
donnent un soupçon de joie au contexte morose.
Mensonge d'état, mensonge d'entreprise :
Comment travailler, croire et avancer
dans cette impunité technocratique?
mais la lumière vibrante et les herbes et les arbres
nous parlent du printemps, comme un souffle d'air frais
donnent un soupçon de joie au contexte morose.
Mensonge d'état, mensonge d'entreprise :
Comment travailler, croire et avancer
dans cette impunité technocratique?
Premier septembre
L'été nous congédie à grand coup de pluie et de vent ;
Fraîcheur annonciatrice des frimas ou plutôt
Semonce nous poussant à rentrer sans trop renâcler.
La mer reste chaude pourtant, agitée par l'écume,
Et lisse la plage désertée.
Fraîcheur annonciatrice des frimas ou plutôt
Semonce nous poussant à rentrer sans trop renâcler.
La mer reste chaude pourtant, agitée par l'écume,
Et lisse la plage désertée.
Le salon de l'immobilier
Les tentes sont blanches, les tapis rouges,
La mer est bleue, et le ciel vire au noir.
Gris et noirs les costumes, de préférence rayés,
Chaussures pointues, noires aussi,
Au pied des businessmen en cohorte, en goguette à Cannes.
Le champagne, blond, coule à flot,
La matière grise est terne, bien triste,
Comme la ville qu'elle dessine.
La mer est bleue, et le ciel vire au noir.
Gris et noirs les costumes, de préférence rayés,
Chaussures pointues, noires aussi,
Au pied des businessmen en cohorte, en goguette à Cannes.
Le champagne, blond, coule à flot,
La matière grise est terne, bien triste,
Comme la ville qu'elle dessine.
calme plat
Le corbeau monte la garde, noir dans son manteau blanc,
Les pigeons tournent et volent, comme insensibles au froid;
Aucun humain en vue: la neige gèle leurs pas,
La ville est aux oiseaux!
Les pigeons tournent et volent, comme insensibles au froid;
Aucun humain en vue: la neige gèle leurs pas,
La ville est aux oiseaux!
En passant par les Groues
Froid sec et dur,
Paysages familiers, beaux et mélancoliques.
Des voies ferrées abandonnées, un jardin et ses roses volées à la Défense,
Une pomme abandonnée sur des planches entassées,
Des rues et des trottoirs de guingois, attendant quoi?
La vie qui vient, avant de s'en aller.
Paysages familiers, beaux et mélancoliques.
Des voies ferrées abandonnées, un jardin et ses roses volées à la Défense,
Une pomme abandonnée sur des planches entassées,
Des rues et des trottoirs de guingois, attendant quoi?
La vie qui vient, avant de s'en aller.
On the way
Douleur, dépossédé de soi, violence des échanges et futur antérieur.
Idéal encrassé ou exigence reine?
Elle assite impuissante aux destins ordinaires.
Destin ou catacombe, y prendre part ou pas,
O question vagabonde.
Elle pourrait s'amuser,
La route est bien sommaire.
Idéal encrassé ou exigence reine?
Elle assite impuissante aux destins ordinaires.
Destin ou catacombe, y prendre part ou pas,
O question vagabonde.
Elle pourrait s'amuser,
La route est bien sommaire.
burp
Le GPS prothèse empêche d'embrasser la route,
D'hésiter entre deux chemins
Et d'explorer une carte.
Délit de gourmandise territoriale à la porte,
Vive l'obésité informationnelle.
D'hésiter entre deux chemins
Et d'explorer une carte.
Délit de gourmandise territoriale à la porte,
Vive l'obésité informationnelle.
Escapade
La salle est comble de désirs et rancœurs variés,
Et vibre d'inquiétudes conjurées par l'envie de parler.
Vider son sac en public:
C'est la démocratie participative.
Il est là discret au premier rang,
Prêt à bondir au premier appel,
Saisir sa ville à bras le corps,
La couvrir de projets.
Il est plus passionné que ses administrés,
Maîtrise bien des subtilités.
Quelle force et quel courage lui donnent ce charme inattendu?
Et vibre d'inquiétudes conjurées par l'envie de parler.
Vider son sac en public:
C'est la démocratie participative.
Il est là discret au premier rang,
Prêt à bondir au premier appel,
Saisir sa ville à bras le corps,
La couvrir de projets.
Il est plus passionné que ses administrés,
Maîtrise bien des subtilités.
Quelle force et quel courage lui donnent ce charme inattendu?
A plat
La vitrine informatisée,
Prodige de ce siècle,
Est un réel progrès:
Au lieu de baguenauder devant quelques annonces,
Le passant est terrassé par 6-10-15 écrans plats,
Zappant si vite qu'il est contraint d'abandonner.
Prodige de ce siècle,
Est un réel progrès:
Au lieu de baguenauder devant quelques annonces,
Le passant est terrassé par 6-10-15 écrans plats,
Zappant si vite qu'il est contraint d'abandonner.
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