Affichage des articles dont le libellé est La Défense île des fous. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est La Défense île des fous. Afficher tous les articles
Nanterre 2013-2018




La Défense, printemps 2013





Burn out

Ils sont là attablés
Comme des chancres mous.
Informes en général dans leur costume cravate,
Avachis, teint brouillé, haleine nauséabonde.
Si au moins le regard était plein d'empathie.

La vie de bureau

Pique-nique au parc,
Tranquilles.
Chemises bleues, presqu'uniformes,
Facile.
Douceur de l'été, babils apaisés,
La vie de bureau
Loin des conflits d'ego.

Jaune et bleu

 Les terrasses de Nanterre, juin 2013 (Wilmotte, X'Tu, ANMA arch.)





Nanterre, couverture du RER A à Nanterre Université, juin 2013





Pluie de printemps

Le paysage est gris et les sols détrempés,
mais la lumière vibrante et les herbes et les arbres
nous parlent du printemps, comme un souffle d'air frais
donnent un soupçon de joie au contexte morose.
Mensonge d'état, mensonge d'entreprise :
Comment travailler, croire et avancer
dans cette impunité technocratique?

Le salon de l'immobilier

Les tentes sont blanches, les tapis rouges,
La mer est bleue, et le ciel vire au noir.
Gris et noirs les costumes, de préférence rayés,
Chaussures pointues, noires aussi,
Au pied des businessmen en cohorte, en goguette à Cannes.
Le champagne, blond, coule à flot,
La matière grise est terne, bien triste,
Comme la ville qu'elle dessine.
Nanterre, Les Groues, décembre 2012




19h

Une trottinette passe,
Le Tout Paris repasse,
Ou plutôt la masse sombre
Des employés soufflant
La fin de la journée.

Tetris

Esplanade de la Défense,
Luxe, calme et volupté.
La nuit le paysage s'adoucit
Magique et un peu irréel.
Des cases jaunes sur fond noir
A l'infini et le flux des passants.

Rue sans machine

Le ciel est sombre comme de crasse
Les piétons sortent des entrailles
Quelques minutes dans la grisaille
Puis disparaissent dans chaque tour
Happés par les portes tambour.
L'atmosphère chargée serait-elle un trou noir
Prêt à nous avaler?

Org war

Le bleu glacial du ciel reflété dans la tour
signe la mécanique froide du salariat.

Taper pour éviter les coups,
blesser passivement,
dépassé par le rythme
et l'organisation.

Et toujours s'agiter
trouver mille raisons
sans jamais maîtriser
notre destination.

défense d'afficher

Elles s'élèvent dans la brume
des tours austères et dures
paysage de rêve
réalité peu amène

comme des robots sans nombre
la foule surgit de l'ombre
émerge du RER
en costume d'affaires

cette île sans voiture
cette cité sans âme
porte si bien son nom :

défense de dévier
défense de flâner
défense d'exister

Plus vite

Bêtise insondable des chiffres,
ils se noient avec aplomb
et avancent sans hésiter.
Droit devant
plus vite et plus haut
lisses banquiers
tranquilles trésoriers
pas de second degré.

Giboulées

La dalle mouillée sous l'averse
Nous parle des planches à Deauville.
La dalle, immense perspective
Baignée par le soleil levant,
A comme une couleur de Méditerranée.
La dalle dans la froidure de l'hiver
Prend un air de Morzine ou Val d'Isère.
Quant au plein cagnard du mois d'août:
Il tape comme dans le désert.

Clang

Clang
Clang
Clang
Les bottes des passants résonnent
Sonnant sur la dalle comme sur une timbale.
La cadence est soutenue ; les fourmis avancent
Et s'arrêter dérange :
Soudain la perspective change.
La dalle vibre,
Les bruits de la ville s'immiscent.
Par en bas, par derrière, à côté : moteurs !

On the way

Douleur, dépossédé de soi, violence des échanges et futur antérieur.
Idéal encrassé ou exigence reine?
Elle assite impuissante aux destins ordinaires.
Destin ou catacombe, y prendre part ou pas,
O question vagabonde.
Elle pourrait s'amuser,
La route est bien sommaire.