La technique de la moule

Accrochée par ses pieds,
Son regard débranché,
Les corps n'y ont pas prise,
Il faut la contourner.
Et si vous résistez
D'un combat de regard
C'est trop audacieux;
Ne reste qu'en miroir,
Vous accrocher enfin
Encore plus durement
A votre propre roc.

De l'autre côté

Le dépit passager d'avoir abandonné l'idée de s'enfourner,
Est vite consolé par la vision comique de la fournée bien chaude
Que la sonnerie hérisse pour que les portes ferment.
Et, miracle, le train d'après est (presque) vide.

Statistique

Le métro qui déverse sa marchandise humaine dans les couloirs
Echantillonne le Parisien moyen: homme femme petit grand noir ou blanc




Campomoro, août 2007



Nanterre, printemps 2007

Homo urbanus

Connaissez-vous l'oppression du grand espace
Qui soudain s'ouvre par la fenêtre du train?
Devant les vallons pleins, vert à perte de vue,
Le ventre se serre, la peau se rétracte.
L'odeur pure sur le quai flatte les narines,
L'oeil désespéré cherche un coin à habiter.

L'inconnue

Avec ses cigarettes Dunhill
Ses ballerines lamées
Son agenda électronique
Elle ressemble terriblement à quelqu'un d'autre.
Et si c'était un double, une fugue, une vie parallèle?